BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in BelgiŽ.

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Editorial

Les points

   Au mois d’août, le circuit professionnel du tennis devrait, en principe, se remettre en marche. L’ironie de l’histoire veut que cette reprise se fasse aux Etats-Unis où, selon toute apparence, le Covid-19 reste encore très actif. Le nombre de nouveaux cas quotidiens va toujours croissant ; les hospitalisations vont bon train et les décès atteignent des chiffres catastrophiques. Pour l’heure, ce n’est donc pas une très bonne idée d’entreprendre le voyage vers la Nouveau Monde, même si la Maison Blanche a pris toutes les dispositions utiles pour permettre aux sportifs de très haut niveau de débarquer sur le sol américain.

   Mais ces athlètes se rendront-ils pour autant à New York pour participer au tournoi de… Cincinnati et à l’US Open ? Rien n’est moins sûr ! Nombre d’entre eux ont exprimé leurs doutes et, en tout premier Rafael Nadal. Celui-ci envisagerait ni plus ni moins de ne pas défendre son titre ! Son oncle – et l’on sait la place qu’il tenait auprès de lui avant que Carlos Moya ne le remplace comme coach – l’a fait savoir il y a peu, tout en mettant l’accent sur des problèmes dont les responsables du jeu, obnubilés par leurs intérêts financiers, n’ont tenu aucun compte. En premier lieu, ils soumettront les joueurs à un régime infernal : ils imposeront, en l’espace de six semaines, trois Masters 1000 et deux Grands chelems ! Et pour ajouter un peu de piquant au menu, il sefait que les tournois aux Etats-Unis se joueront sur une surface dure et les trois autres (Madrid, Rome et Paris) sur terre battue.

   Il va sans dire que pareille perspective n’enchante pas grand-monde. Mais il y a pire à régler : la distribution des points ATP et WTA. Au cours de la période à venir, Nadal devra défendre 5360 points sur les 9850 dont il est détenteur. Peut-il faire l’impasse sur les travaux forcés qui l’attendent à Flushing Meadows, parce que son objectif principal demeure à Roland-Garros et accessoirement à Madrid ? De la même manière, David Goffin renoncera difficilement à cette expédition sur les rives de l’Hudson puisqu’il devra sauver les points engrangés l’an dernier en atteignant la finale de Cincinnati et le quatrième tour de l’US.

   Autant dire que cette fin de saison-croupion exerce une forme de chantage sur les joueurs alors qu’ils n’ont pas tous les apaisements sanitaires souhaitables. L’Union Européenne et la Grande Bretagne viennent de décréter que les citoyens américains sont indésirables de ce côté de l’Atlantique (en dépit de la manne financière qu’ils représentent sur le plan touristique), ce n’est pas par l’effet d’un simple caprice. Dans de telles conditions, est-il raisonnable de faire le voyage dans l’autre sens ? A vrai dire, une seule mesure semble s’imposer : mettre un terme à la saison et reprendre, s’il se peut, en Australie l’année prochaine.

Michel Nestor, le 6 juillet 2020

 

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