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Editorial  

Mission remplie

   C’est sur une fausse note que David Goffin a terminé l’US Open. Desservi par sa mise en jeu défaillante (50 % de premières balles) contre Roger Federer, il a pris une correction comme il en connut rarement, en huitième de finale. En fait, il s’agit d’une véritable débâcle. Certes, on ne pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’il prenne la mesure du Suisse, surtout après la démonstration que ce dernier avait réussie face au Britannique Evans qui avait mystifié tour à tour Mannarino et Pouille lors des deux premiers tours ; mais au moins espérait-on qu’il offre une résistance digne de son rang – comme il l’avait fait contre Nadal à Roland-Garros et contre Djokovic à Wimbledon.

   Il convient cependant de corriger le tir… Si pareille sortie est un peu triste, on se gardera de jeter le bébé avec l’eau du bain. Goffin avait un objectif principal : atteindre le quatrième tour du tournoi comme l’an dernier. La mission est remplie ; il préservera ses positions lorsque sortira le prochain classement ATP. Tout indique, par surcroît, qu’il les améliorera au cours des semaines à venir puisqu’il n’a plus aucun point à défendre jusqu’en 2020. Les esprit chagrins – puisqu’il y en a toujours – feront remarquer que battre Moutet et Barrère à New York représentait un minimum syndical. Mais on rétorquera que le troisième tour n’eut rien d’une sinécure : Carreno Busta, demi-finaliste de l’épreuve en 2017, vendit chèrement sa peau vendredi dernier et démontra, avant de s’incliner, que son classement ne reflétait en rien sa valeur actuelle.

   Malgré les apparences (7/6 7/6 7/5), la bataille contre l’Espagnol fut rude et l’on ne put qu’admirer la manière dont David réussit à se tirer d’affaire, en particulier dans le tie-break de la deuxième manche quand son adversaire s’offrit deux balles let irrécupérables. Il fallait avoir une fermeté d’âme remarquable dans ces moments tendus pour ne pas perdre le contrôle de soi-même, et des événements par corollaire. De plus, en fin de troisième set, il dut aussi consentir de gros efforts pour retourner le mauvais cours des choses après avoir concédé le premier break du match qui l’avait retardé à 3/5. Il est d’ailleurs vraisemblable que cette débauche d’énergie physique et mentale explique, au moins en partie, sa consternante contre-performance contre un Federer impérial qui, lui, a retrouvé son rythme de croisière de Wimbledon et aura appris sans déplaisir que Novak Djokovic, victime d’une blessure à l’épaule gauche, avait rendu les armes face au revenant Wawrinka.

   Cela dit, on peut penser que, à la veille de partir pour les Etats-Unis, Goffin aurait signé des deux mains pour achever sa tournée américaine, si mal engagée à Washington et à Montréal, sur un bilan bénéficiaire par rapport à celui de 2018.

Michel Nestor, le 2 septembre 2019

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