BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in BelgiŽ.

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Editorial  

 

Guantanamo à domicile

   L’histoire du sport professionnel est entachée par des épisodes scandaleux aussi regrettables qu’intolérables. Aucune discipline n’y a échappé, qu’il s’agisse de problèmes posés par le dopage, les abus sexuels, la tricherie générée par des paris frauduleux ou des comportements parentaux inadmissibles. Le tennis n’a pas été épargné par ces calamités et le dernier exemple en date est celui dont Guillermo Perez Roldan (ATP 13 en 1988) vient de faire état. Il s’est ouvert des maltraitances dont il avait fait l’objet de la part de son père qui était en même temps son coach.

   Au nombre des supplices subis par ce joueur, on doit retenir que le père lui plongeait la tête dans l’eau du bain ou l’attachait à son lit. Guantanamo à domicile, en quelque sorte. A ces traitements dégradants, il faut ajouter ce détail croustillant : les parents de Guillermo lui auraient volé entre trois à quatre millions de dollars ! Certes, ce n’est pas le premier père abusif à s’être illustré de la sorte dans le milieu du tennis. Jelena Dokic (WTA 4 en 2002) a raconté dans ses souvenirs qu’elle pouvait encore dessiner les bleus qu’elle avait portés. Le père de Bernard Tomic rossait le fiston, qui a tout de même gagné plus de six millions de $ sur le circuit et a envoyé son coach à l’hôpital en lui cassant le nez. Mirjana Lucic, grand espoir à l’âge de 16 ans, et Aravane Rezaï ont abandonné leur raquette, dégoûtées par les traitements dégradants qui leur étaient imposés. Sans parler des démêlés du père de Mary Pierce (un ancien « marine » américain) avec les responsables du jeu qui lui interdirent l’accès des stades quand sa fille y jouait. Etc. Etc.

   Voilà pour des faits tombés dans le domaine public. Malheureusement, il y a tous les autres dont on ne parle jamais parce que les victimes ne possèdent aucune notoriété. L’auteur de ces lignes n’a pas l’habitude dans sa chronique hebdomadaire (la millième) de parler de lui-même. Mais il a gardé en mémoire un incident, qui ne fut pas unique, survenu lors d’un de ses entraînements, il y a une… soixantaine d’années ! De l’autre côté du filet, son partenaire se vit administrer des gifles par le père ulcéré de voir son fils (d’une excellent niveau national) rater plusieurs coups du fond pour ne s’être pas convenablement placé avant de frapper la balle ! Si ce genre de pratiques pouvait s’exercer publiquement à une époque où la fessée parentale ne faisait pas scandale, on imagine sans peine ce qui arrivait (et arrive sans doute toujours) en privé, bien plus régulièrement qu’on ne le pense. Et c’est en cela qu’un témoignage comme celui de Perez Roldan est précieux…

Michel Nestor, le 25 mai 2020

 

 

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