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Editorial  

Une main ou deux ?

   S’il est un coup du tennis qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est bien le revers. Longtemps, il s’est joué à une main. Et l’on peut dire, sans crainte de se tromper, que l’Australien Ken Rosewall, surnommé le « petit maître Sydney » (en raison de sa taille modeste), fut le plus grand virtuose de cet instrument dont il fit une arme maîtresse sur le circuit international. La pureté de son style et la précision de ses frappes, dont l’efficacité prenait parfois un tour diabolique, ont longtemps fait l’envie de la majorité des joueurs, professionnels aussi bien qu’amateurs.

   La fin de carrière de l’élève du « sorcier » Harry Hopman, au début des années septante, coïncida avec l’apparition de deux jeunes gens de grand talent qui devinrent d’immenses champions : Jimmy Connors et Bjorn Borg. Ils lancèrent la mode du revers à deux mains. De nos jours, elle n’a pas disparu. Elle est restée, bien au contraire, vivace si l’on en juge par la carrière de Djokovic et de Nadal. Et cela d’autant plus qu’au fil des années, les enfants ont commencé la pratique du tennis de plus en plus jeune, sans avoir déjà la force nécessaire pour exécuter le coup à une main, le poids de la raquette étant trop lourd pour leur poignet.

   Mais le revers à une main n’a pas disparu pour autant. De très grands joueurs y sont restés attachés, à commencer par Roger Federer. Ils ont privilégié cette méthode ancienne qui, à vrai dire, avait fait ses preuves en favorisant le jeu d’attaque (quelle délice de suivre un « slice » profond au filet !) dont McEnroe, Edberg, Becker et Sampras furent quelques-uns des adeptes les plus réputés. Ils ont fait école et il est significatif que, lorsqu’il jugea opportun (à juste titre) d’améliorer son revers, ait travaillé longuement avec Stefan Edberg – l’orfèvre en la matière – pour y parvenir. Et l’on ajoutera pour la petite histoire que, lors du dernier Masters, trois des quatre demi-finalistes (Tsitsipas, Thiem et… Federer) n’eurent pas besoin de leurs deux mains pour faire leur chemin à Londres. Signe des temps ?

Michel Nestor, le 9 décembre 2019

 

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