Blog Michel Nestor
Vendredi, 11. Mai 2012 - 21:01 Heure(s)
Nadal déclare la guerre
Cette fois, le torchon brûle ! Et il n’est pas à mettre seulement sur le compte d’une défaite improbable sur le papier, au tournoi de Madrid, face à Fernando Verdasco (6/3 3/6 7/5), vaincu précédemment treize fois sur treize ! Certes, l’élimination prématurée du Majorquin n’est pas totalement étrangère à sa colère. Mais il faut reconnaître au plus grand spécialiste de la terre battue depuis le début de l’ère Open, en 1968, qu’il a de bonnes raisons d’engager un véritable bras de fer avec les organisateurs de l’épreuve (dont le Roumain Ion Tiriac est le propriétaire) et l’ATP afin d’obtenir un retour aux normes traditionnelles de la terre battue.
Quelques minutes après trois heures de lutte, qu’en d’autres temps il aurait achevées à son avantage (il mena dans le set décisif 5/2 et double-break !), il vint exprimer sa colère devant la presse. C’est que la surface bleue sur laquelle se joue ce Masters 1000, il la juge impropre à la pratique du jeu. Et il l’a dit tout net : « Si les choses continuent comme ça, j’en suis très triste, mais il y aura l’an prochain un tournoi de moins à mon calendrier ». Il n’est pas seul de son avis. Richard Gasquet a déclaré : « Ce central est une patinoire. C’était Candeloro contre Joubert », a-t-il commenté de façon imagée après sa défaite contre Federer. Même ce dernier, toujours diplomate, n’a pas jugé bon de glisser à contre-courant. Quant à Novak Djokovic (qui s’est payé une fameuse chute contre Wawrinka et s’est fait mal, vendredi soir, contre son compatriote Tipsarevic en fin de premier set), il ne s’est pas montré moins critique et il a formulé l’espoir –pensant à lui ? – que personne ne se blesserait avant la fin de la semaine… La façon dont il a « balancé » le tie-break de la première manche laisse supposer qu’il n’a plus faite grand-chose par la suite pour éviter son élimination.
Le numéro un mondial a expliqué que les joueurs, comme Monfils ou lui-même, qui ont l’habitude de beaucoup glisser sur terre souffrent peut-être le plus car la reprise des appuis est trop exigeante à Madrid pour la musculature. Et on peut le croire : il suffisait de le voir constamment à la recherche d’un équilibre impossible sur les contre-pieds ou sur de simples changements de direction. Quant à Nadal, il a donné une analyse qui ne souffre pas davantage la contestation : « Je suis un de ceux qui prennent le plus fortement appui au sol et, ici, ce n’est tout simplement pas possible. » Plus ennuyeux, il quitte Madrid (pour Rome) avec une douleur à la hanche dont il se serait bien passé.
Une explication technique à cette situation lamentable a été donnée par l’ancien responsable des courts à Roland-Garros, venu donner des conseils sans prendre aucune responsabilité dans l’aménagement des courts en terre battue bleue. Il a déclaré que le travail n’a pas été fait correctement : « La matière est trop libre. (…) Cela ne sert à rien de mettre trois brouettes de terre au lieu d’une si le premier millimètre de terre n’accroche pas à la dalle de béton ». Cette terre boit trop longtemps ; et les arrosages, rendus indispensables pour limiter les glissades, provoquent des flaques qui interrompent les matches, comme jeudi, au milieu de la nuit celui de Simon et de Tipsarevic !
Bref, l’expérience est désastreuse. Et l’on peut penser, avant même le dernier point de la finale dominicale, que si l’ATP n’impose pas un retour à la terre battue ocre, il manquera beaucoup de monde à Madrid en 2013.
Michel Nestor
Le 11 mai 2012
Lundi, 23. Avril 2012 - 10:11 Heure(s)
Finale insolite sur rocher
Dimanche, quelque dix mille spectateurs ont assisté, médusés, à une finale qui n’en était pas une sur le court central du Country club de Monte-Carlo, entre les deux meilleurs joueurs du monde. Rafael Nadal s’est montré impitoyable face à Novak Djokovic. Il l’a écrasé en un peu plus d’une heure, sur une marque très sévère 6/3 6/1. Il faut remonter au Masters 1000 de Paris-Bercy de 2009 pour retrouver la trace d’une claque semblable : à l’époque, le Serbe s’était imposé 6/2 6/3 en demi-finale. Depuis lors, les affrontements entre ces deux joueurs ressemblaient plutôt à des marathons extraordinaires – comme le dernier en date, couru à Melbourne.
Est-ce à dire que l’actuel numéro un mondial serait en perte de vitesse et qu’il est menacé d’avoir à remettre son sceptre à celui à qui il l’a ravi l’an dernier ? On se gardera d’aller aussi vite en besogne, même si « Nole » parut l’ombre de lui-même sur le rocher de Monaco qui lui sert de résidence. Certes, il ne faut rien enlever au mérite de Nadal ; il voulait absolument empocher un huitième titre consécutif en ces lieux et, plus encore, mettre un terme à la série noire des sept défaites consécutives subies contre son adversaire du jour. Dans la perspective de Roland-Garros, il avait, de fait, intérêt à proclamer urbi et orbi que son règne sur la terre battue n’est pas sur le point de s’achever.
La mise au point de l’Espagnol va-t-elle obliger Djokovic à revoir ses ambitions à la baisse ? On ne le croit pas car il n’a pas été battu sur sa valeur. En vérité, on l’a rarement vu aussi erratique, sans ressort, sans volonté de vaincre. On n’ira pas jusqu’à dire qu’après le premier break dont il fut victime (dès le troisième jeu), il donna le match ; mais il ne fit pas grand-chose pour le gagner. A l’inverse, on n’emboîtera pas le pas à ceux qui mettent ce revers de fortune sur le compte exclusif du chagrin légitime éprouvé par le numéro un mondial après l’annonce du décès de son grand-père auquel il était très attaché. L’apprenant, il a failli déclarer forfait contre Dolgopolov, qui l’entraîna dans un duel difficile. Puis, en demi-finale, il réussit à surmonter son affliction contre Berdych, pourtant parvenu à quelques encablures d’un succès retentissant. Pourquoi, dans ces conditions, n’aurait-il plus eu l’énergie nécessaire pour affronter son rival le plus sérieux avec un minimum d’équanimité ?
Il semble donc permis de considérer que cette finale de Monte Carlo (disputée sous un soleil radieux, mais par grand vent – ce qui ne favorisait certes pas Djokovic) n’engage pas sérieusement l’avenir, dans la mesure où le Serbe n’a pas l’habitude de jouer aux abonnés absents. Un jour « sans », cela peut arriver à n’importe qui… En outre, on ne peut oublier que ce dernier est aujourd’hui focalisé sur un objectif immédiat : réaliser un grand chelem sur deux ans en s’imposant le mois prochain à la Porte d’Auteuil. En attendant ce rendez-vous parisien, rien n’a plus la moindre importance à ses yeux, sauf… la disparition de son grand-père.
Michel Nestor
Le 23 avril 2012
Vendredi, 13. Avril 2012 - 16:10 Heure(s)
Menace de boycottage ?
Roland-Garros vient d’annoncer une augmentation de 7 % sur les prix qui reviendront aux participants du tournoi. La dotation globale s’élèvera à quelque 18.718.000 €. On ne doit pas pour autant s’inquiéter pour les organisateurs de la deuxième levée du grand chelem, puisque le bénéfice net dépassera largement, comme l’an dernier, les quarante millions d’Euros. Voilà pour les prévisions financières ; mais c’est sans compter avec la grogne des joueurs qui, depuis l’US Open font peser une menace de boycottage.
Quelles sont les raisons de la mauvaise humeur affichée par les joueurs ? La plupart d’entre eux estiment qu’ils sont systématiquement réduits à la portion congrue quand le gâteau se partage. Depuis 2007, les trois premiers joueurs du classement ATP (Djokovic, Nadal et Federer) se partagent, en effet, le quart du « prize money » distribué sur le circuit. Certes les collectionneurs de titres assurent un spectacle souvent de très haute qualité ; mais à quoi ressembleraient les tournois s’ils étaient seuls à les jouer ? Les seconds couteaux font souvent mieux que se défendre, sans pour autant obtenir les rétributions auxquelles leur talent devrait leur donner droit. Le « big four » actuel abonde dans leur sens et a invité les responsables des quatre épreuves majeures de l’année à faire un effort financier. A Paris, on n’a pas fait la sourde oreille : l’augmentation, en pourcentage, bénéficiera surtout à celles et ceux qui doivent se qualifier et ne dépassent pas la première semaine. Les battus du premier tour gagneront 18.000 €, au lieu de 15.000 (soit 20 % d’augmentation) ; mais les finalistes ne seront pas oubliés puisqu’ils verront leur prix croître de 4,17 %, ce qui vaudra au vainqueur 1.250.000 € et à son adversaire malheureux la « consolation » de 625.000 €…
Sera-ce suffisant pour calmer la fronde ? Les joueurs se plaignent de n’être pas entendus. Roger Federer, le président de leur association, a tenté de calmer le jeu pendant le récent tournoi de Miami. Il leur a demandé de se montrer patients et de faire confiance à l’ATP qui, émanation des joueurs, a également négocié avec la direction des épreuves du grand chelem. Le fait est que le joueur suisse n’a été entendu que d’une oreille ; c’est tellement vrai que son vice-président, Rafael Nadal himself, a donné sa démission du bureau (qui sera renouvelé à Wimbledon), le 26 mars dernier. L’Espagnol est fatigué de voir que la plupart des dossiers sujets à controverse (l’allègement du calendrier et les aménagements qu’appelle la coupe Davis, notamment) n’avancent guère.
L’ultimatum des joueurs n’est donc pas formellement levé. Il faudra attendre leur réunion au tournoi de Madrid pour savoir quelle sera leur réaction et s’ils se retrouveront ou non fin mai à la porte d’Auteuil. Certes, Djokovic (qui rêve de s’imposer à Paris après avoir remporté Wimbledon, l’US et Melbourne) et Nadal (à la recherche d’un septième titre) ne devraient pas manifester un enthousiasme sans limite à l’idée de faire l’impasse sur le grand rendez-vous de la terre battue. Mais les joueurs se souviendront peut-être qu’en 1973, leurs prédécesseurs avaient organisé le boycottage de Wimbledon et que les recettes de l’All England n’en souffrirent guère, non plus que le palmarès puisque c’est Ian Kodes (représentant de la Tchécoslovaquie communiste) qui remporta le titre contre le Soviétique Alexandre Metreveli.
Michel Nestor
le 13 avril 2012
Vendredi, 6. Avril 2012 - 09:12 Heure(s)
Débâcles inquiétantes
A la veille d’entreprendre un voyage combien hasardeux au Japon, dans l’espoir (peut-être excessif…) de conserver une place dans le groupe mondial de Fed Cup, les joueuses belges accumulent les revers : les nuits d’Ann Devries doivent être agitées. De fait, ces derniers temps, même Yanina Wickmayer éprouve de réelles difficultés à tenir son rang. Aujourd’hui trentième au classement de la WTA, elle ne compte aucune victoire significative à son actif depuis le début de l’année, en dehors de celle acquise à Miami aux dépens de Kim Clijsters… encore que cette dernière était blessée à la hanche et se trouve réduite à l’inactivité jusqu’au mois de mai. Plus ennuyeux : cette semaine, Yanina s’est permis un faux pas désagréable contre la Kazakhe Jaroslava Schvedova (WTA 150), ce qui semble de nature à ébranler la confiance que notre compatriote affiche volontiers en temps ordinaire.
Le fait que les partenaires de Yanina Wickmayer ne se montrent pas à leur avantage ces derniers temps n’est pas moins inquiétant. Kirsten Flipkens donne l’impression qu’elle n’est plus en mesure de retrouver l’autorité qui était la sienne (encore que de manière épisodique) à l’époque où elle se maintenait sans trop de difficultés dans le top 100. Depuis la mi-février, au lendemain de ses désastreuses prestations contre l’équipe serbe de Fed Cup, elle a cependant fait beaucoup d’efforts pour inverser la tendance. Une finale perdue au 25.000 $ de Moscou l’autorisait à reprendre goût à la compétition ; mais, depuis lors, elle n’a pas fait mieux que des quarts de finale lors des deux tournois de Pukhet en Thaïlande et à celui (moins exotique) de Tessenderloo. Jeudi, elle y est tombée sous les coups de la jeune Ukrainienne Maryna Zanevska, qui s’est illustrée depuis le début de l’année en remportant trois 10.000 $ et en accédant à la demi-finale d’un 25.000 $ à Grenoble.
Cette joueuse très élégante, née au mois d’août 1993, qui s’entraîne au BATD (notons-le !), a fait, le mois dernier, la désagréable surprise à Alison Van Uytvanck, pour son retour sur le circuit au 10.000 $ de Dijon, de la battre sur le fil (3/6 7/6 7/5). Depuis lors, la citoyenne de Grimbergen ne s’est pas montrée sous meilleur jour. Vaincue également d’entrée de jeu au 25.000 $ de Bath, voici qu’elle vient de tomber en quart de finale à Tessenderloo face à la Russe Vesna Dolonts, il est vrai un peu mieux classée qu’elle.
Quant à Tamaryn Hendler, elle semble avoir disparu corps et biens depuis le tournoi de Bengalore (25.000 $) où elle s’arrêta, elle aussi, en quart de finale, fin mars. Elle s’est inscrite aux qualifications du tournoi de Charleston, où elle offrit une résistance honorable à Karolina Pliskova (WTA 122). Mais son bilan, comme celui de ses équipières, est bien maigre et peu effrayant, en tout cas, pour l’équipe japonaise.
Michel Nestor
le 06 avril 2012
Vendredi, 30. Mars 2012 - 10:09 Heure(s)
De bonnes nouvelles
Depuis le début de la semaine, le tennis belge enregistre de bonnes nouvelles. En premier lieu, il semblerait que Xavier Malisse et Yanina Wickmayer n’aient plus trop de soucis à se faire dans les démêlés juridiques qui, depuis deux ans, les menaçaient d’une lourde suspension pour avoir manqué des contrôles antidopages auxquels des agents des services dits compétents de l’administration flamande entendaient les soumettre. On attendait un verdict pour la fin du mois de mai ; mais il semblerait que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) jugerait préférable d’abandonner les poursuites, faute de posséder un dossier suffisamment crédible. Si c’est le cas, on s’en félicitera sans réserve. Et l’on s’empressera de refermer ce dossier quelque peu nauséabond.
Sur le plan sportif, l’équipe belge de coupe Davis est invitée à se rendre à Glasgow la semaine prochaine pour disputer à celle d’Angleterre le droit de jouer un match de barrage donnant accès au groupe mondial ; elle verra sa tâche facilitée par la décision d’Andy Murray de renoncer à défendre les couleurs de son pays. Sur les conseils d’Ivan Lendl, le numéro 4 mondial ne disputera pas la rencontre et privera son équipe de deux points certains. La Fédération belge serait bien inspirée d’offrir au coach de Murray, une bouteille de Becherovka (un apéritif tchèque apprécié en Europe centrale), à moins qu’il soit resté attaché au Coca dont, jeune, il était un consommateur effréné.
Et, pour revenir au terrain proprement dit, on s’en voudrait de ne pas mettre en exergue les récentes prestations de David Goffin. La semaine dernière, il a réussi à se qualifier pour le tableau final (en battant Zopp et Paire) ; il y créa une belle surprise puisqu’il se paya le scalp de Donald Young (ATP 46) avant de succomber face à Nicola Almagro. Sur sa lancée, il joue pour l’instant la deuxième édition du Challenger (100.000 $) de la Guadeloupe, où, au même titre qu’Olivier Rochus, le tenant du titre, il vient d’accéder aux quarts de finale. Au premier tour, il s’est défait de Michael Russell et au second du Britannique Alexander Ward. Certes, il éprouva bien des difficultés à se tirer d’affaire face au sujet de Sa Majesté. Au troisième set, il fut victime d’un break dans le cinquième jeu ; il parvint à résorber son retard dès le jeu suivant. Puis, dans le tie-break, il dut revenir de 0/3, après avoir perdu le premier point sur son service.
Goffin apprécie énormément les moments d’un tension d’un match ; et le fait est qu’il les négocie fort bien. A l’aube d’une carrière, c’est un atout précieux.
Mercredi, 21. Mars 2012 - 14:36 Heure(s)
Goffin qualifié à Miami
David Goffin, sélectionné pour le prochain match de coupe Davis contre l’équipe d’Angleterre, mène tranquillement sa barque. Il a traversé l’Atlantique pour participer aux qualifications du Master 1000 de Miami – où tout joueur apprend au moins à s’accommoder du vent. Et il s’en est extirpé sans réelles difficultés. Il s’est défait de l’Estonien Jürgen Zopp, réduit à l’abandon après quatre jeux seulement, avant de se débarrasser aisément de Benoït Paire (6/2 6/2), classé cinquième tête de série, mais surtout 95ème mondial. Voilà donc du beau travail qui lui vaudra de rencontrer Donald Young (ATP 46) au premier tour du tableau principal. Quel que soit le résultat de la confrontation, qui ne doit pas l’effrayer outre mesure, le meilleur espoir du tennis belge grimpera un peu plus dans la hiérarchie mondiale et pourra, sauf revers de fortune, lorgner bientôt sur le top 100.
On n’oserait pas formuler un pronostic identique si l’on se penche sur les résultats obtenus par Ruben Bemelmans. Depuis plus d’un an, il navigue autour de la 150ème place (en soi, cela est déjà très respectable…) ; mais pour peu qu’il franchisse ce seuil, il doit se résigner à reperdre rapidement du terrain. A force de faire de l’ascenseur en permanence, il tarde à trouver l’équilibre grâce auquel il pourrait découvrir la sérénité qui lui fait encore défaut. Certes, la semaine dernière, à Guadalajara, il avait marqué des points en se hissant en demi-finale d’un Challenger doté de 100.000 $ de prix. Mais, à peine est-il redescendu au niveau de la mer, en Floride, il s’est fait éliminer sans gloire par l’Allemand Matthias Bachinger (ATP 94).
Michel Nestor
Le 21 mars 2012
Samedi, 10. Mars 2012 - 15:45 Heure(s)
Une question de temps
Une chaîne télévisée américaine a fait de savants calculs sur la base d’un enregistrement de la fameuse finale de l’Australian Open entre Djokovic et Nadal. Elle est arrivée à la conclusion que ce match de 5 h 53 aurait duré très exactement une heure de moins si les deux joueurs avaient respecté la règle suivant laquelle, dans les tournois du grand chelem, le serveur ne peut pas attendre plus de vingt secondes (vingt-cinq dans les autres tournois, on se demande bien pourquoi…) pour mettre la balle en jeu, après la fin du point précédent.
Cette étude « scientifique » a été réalisée alors que Roger Federer s’est étonné que son « ami » Rafael Nadal ne prenne pas plus souvent un avertissement pour ses dépassements de temps. Il aurait pu, de la même manière, citer également Novak Djokovic parmi les « chronophages », suivant ce néologisme imaginé, sauf erreur, par Montherlant. En la matière, le Suisse a mille fois raison : ses deux principaux adversaires ont l’habitude de se soucier de la règle comme le poisson d’une pomme. Soit dit en passant, ils ne sont pas les premiers à se permettre de tels abus. Avant eux, Ian Kodes ne se gênait pas pour faire rebondir la balle une vingtaine de fois avant d’effectuer son lancer !
Les adeptes de cette technique frauduleuse soutiennent qu’il faut pouvoir se (re)concentrer après chaque point, surtout après que la foule a manifesté bruyamment son enthousiasme. Pour sa part, Nadal a fait valoir (non sans raisons) que l’on ne peut demander « à deux joueurs qui font des échanges de folie pendant six heures de ne prendre à chaque fois que vingt secondes » pour respirer un peu… Il estime que les arbitres doivent apprécier ce qui se passe sur le court avant d’appliquer à la lettre ce règlement ; et il a d’ailleurs mis sur une liste noire ceux qui manquent de « psychologie » en la matière.
L’ATP a décidé en conséquence de constituer des groupes de réflexion pour trancher dans le vif. De la même manière, la WTA ferait bien d’étudier le dossier des beuglements que poussent la plupart de ces dames et demoiselles, convaincues sans doute que la puissance de leurs frappes deviendra proportionnelle à celle de leurs vociférations équivoques.
Michel Nestor
Le 10 mars 2012
Jeudi, 23. Février 2012 - 11:58 Heure(s)
Une belle journée
Les choses avaient pourtant bien mal député pour Xavier Malisse, arrivé à Memphis sans la moindre victoire en simple et condamné (après avoir été battu neuf fois sur neuf jusqu’à ce jour) à se mesurer avec sa bête noire, Andy Roddick… Mené d’emblée 2/0, il pouvait certes rêver d’une meilleure entrée en matière ; et, soudain, inspiré sans doute par sa victoire en double au tournoi de San Jose, il s’est mis à jouer avec une autorité qui l’aura peut-être surpris lui-même. Il refit son break de retard, s’imposa dans un tie-break acharné (remporté au dix-huitième point) avant de s’imposer par 7/5 dans la deuxième manche.
Certes, l’Américain (tenant du titre) relève de blessure et ne respire pas la confiance. Signe qui ne trompe pas : Malisse réussit douze aces, le double de ce que put aligner son adversaire et réussit 85 % de premières balles contre 75 %. Les chiffres sont éloquents et suffisent sans doute à expliquer l’issue du duel. D’autre part, notre compatriote réussit également plus de points gagnants. Est-ce à dire qu’il retrouve enfin ses marques perdues après son huitième de finale contre Tomic à Wimbledon ? C’est, en tout cas, la grâce qu’on lui souhaite.
Autre bénéficiaire de la journée de mercredi à Memphis : Olivier Rochus. Après un début catastrophique contre Bogomolov, il parvint à redresser la situation et remporter une précieuse victoire sur le fil (1/6 6/4 7/6). Sans doute n’y avait-il pas encore péril en la demeure ; mais sa pêche dans le port fluvial du Tennessee lui permet de voir l’avenir avec une relative sérénité puisqu’il a déjà partiellement récupéré les points engrangés l’an dernier, à la mi-mars, en Guadeloupe. Toute la question aujourd’hui se résume à savoir si, après un long match, il aura suffisamment récupéré pour croiser le fer avec le jeune Ryan Harrison, sorti lui aussi très difficilement d’affaire face à Youg. Vingt-quatre heures de patience suffiront à fournir la réponse.
Enfin, on ne saurait passer sous silence l’excellente prestation de Goffin au tournoi de Marseille. Après trois tours de qualification, il battit Mannarino dans le tableau principal, pour s’incliner ensuite, sans démériter devant Tipsarevic (ATP 9) au deuxième tour. Le Liégeois fait ses armes pour l’instant. Il jouera le challenger de Cherbourg la semaine prochaine, avant de mettre le cap sur le Miami. Son objectif : atteindre le top 100, même si cette année l’AFT l’a invité à s’installer parmi les 150 meilleurs mondiaux.
Michel Nestor
Le 23 février 2012
Dimanche, 12. Février 2012 - 17:02 Heure(s)
Une belle affaire
Steve Darcis a pris tout son temps pour récupérer de la cruelle mésaventure qui lui est arrivée aux championnats internationaux d’Australie. Menant deux manches à rien et 4/1, il ne lui restait plus que quelques points à engranger pour vaincre facilement Serra quand, pris de crampes, il fut contraint à l’abandon. Remis de sa mésaventure, il s’est inscrit au challenger (100.000 $) de Dallas où il a mené une très belle campagne. Certes, il n’eut pas à se défaire de joueurs mieux classés que lui ; mais il eut au moins le mérite de s’en débarrasser jusqu’à ce qu’il trouve son maître en la personne de l’Américain Levine, la première tête de série.
En demi-finale, il eut à endiguer les assauts du Sud-Africain Izak Van der Merwe, qui prit rapidement les devants (3/1) à la faveur de la seule balle de break dont il disposa au cours du match. Fort heureusement pour lui, le Liégeois refit bientôt surface. Le gain de la première manche se joua au tie-break dont le cours fut, pour le moins curieux. Darcis s’envola dans cet exercice de haute voltige à 4/0, avant de se faire rejoindre. A la relance, il s’appropria le neuvième point et profita ensuite de son service pour boucler le set. Dans le second, il profita de la seule occasion qui se présenta pour faire la différence.
Darcis aura été bien inspiré de disputer ce Challenger dans la mesure où la moisson qu’il a récoltée (60 points), avant de poursuivre la tournée printanière du World tour aux Etats-Unis, lui vaudra une appréciable progression dans la hiérarchie mondiale ; et tout permet d’espérer qu’à San Jose, notre compatriote poursuivra sur sa lancée car, jusqu’à la mi-mars, il n’aura aucun point à défendre. Et, par la suite, il sera n’aura guère de soucis à se faire jusqu’à Roland-Garros où, l’an dernier, il sortit des qualifications avant d’échouer au troisième tour face à Monfils.
Michel Nestor
Le 12 février 2012
Jeudi, 9. Février 2012 - 17:28 Heure(s)
Pauvre double !
Il n’est pas trop tard pour revenir sur cette triste défaite enregistrée par l’équipe belge de Fed Cup, suite à une défaite facilement évitable s’il n’avait fallu improviser, pour le match décisif, une équipe de double. La capitane Ann Devries jeta dans la bataille Yanina Wickmayer et la néophyte Alison Van Uyvanck. Elles n’avaient jamais eu l’occasion, auparavant, de jouer un match côte-à-côte. On ne leur jettera donc pas la pierre ; mais il fut tout de même pittoresque de les voir, à deux reprises, se courir dans les pieds l’une de l’autre…
Au vu de ce match, il serait temps de songer à réhabiliter le double en Belgique. Non seulement en poussant les candidat(e)s au circuit professionnel à ne pas jouer qu’en simple dans les tournois où ils/elles s’inscrivent, mais aussi en leur enseignant, tandis qu’ils font leurs classes dans les centres fédéraux, les rudiments de cette discipline particulière pour laquelle l’ancien président fédéral Pierre Geelhand éprouvait une tendresse particulière qui lui faisait dire : « Il n’y a rien de plus simple que le simple », par comparaison.
Sans remonter jusqu’à l’époque de Washer et Brichant (demi-finalistes à Wimbledon…), il faut dire que la Belgique a longtemps disposé, du côté masculin en tout cas, d’excellentes paires qui se défendirent honorablement en coupe Davis, avant que Malisse et Rochus ne s’imposent à Roland-Garros en 2004. Las, depuis lors, les bons résultats manquent et coûtent cher à nos équipes représentatives. Il n’est pas sans intérêt de remarquer que, en double dames, la seule fois où Kim Clisters et Justine Henin (pourtant au sommet de leur gloire) s’associèrent pour affronter une paire russe dans un match de Fed Cup (dépourvu d’enjeu,il est vrai), elles s’inclinèrent…
Autrement dit, il serait grand temps de prendre le taureau par les cornes, au moment où l’on se prépare à un grand renouvellement des cadres, tant du côté masculin que féminin. Il suffit d’avoir vu comment Alison Van Uyvanck maîtrise parfaitement son sujet en double pour qu’il vaille la peine de construire avec elle une paire solide. Et chez les messieurs, il serait heureux de pousser Darcis à se choisir un partenaire avec lequel il puisse constituer une équipe, à moins de pousser des joueurs comme Authom, Bemelmans et Goffin, qui ont une place assurée dans les Challengers à voyager ensemble et à unir leurs forces chaque fois que la possibilité leur en est offert. Car chacun sait qu’en double, les automatismes sont pour beaucoup dans les bons résultats.
Michel Nestor
Le 9 février 2012