BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in België.

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Editorial

Une question de choix

   La courte saison sur herbe a débuté et force est de remarquer que les vedettes du circuit ont jugé bon de prendre une semaine de repos. Murray, Wawrinka, Nadal et Djokovic ont choisi de s’économiser (il faut souligner que ces deux derniers ont décidé de ne pas reprendre du service cette semaine), à la différence de Roger Federer qui, après avoir fait l’impasse sur Roland-Garros et les autres tournois de terre battue, a chuté d’entrée à Stuttgart, victime des œuvres du vétéran allemand Haas, ancien numéro deux mondial. Mais, de cet échec du Suisse, on aurait tort de tirer la moindre conclusion…

   En l’absence forcée de David Goffin, nos compatriotes ont réussi, de leur côté, à se faire oublier sur tous les fronts, au cours des derniers jours. Darcis est tombé au premier tour à s’Hertogenbosch, battu par le fantasque Ukrainien Dolgopolov. Bemelmans n’a pas fait mieux à Stuttgart : il n’est même pas sorti du tableau des qualifications – non plus d’ailleurs qu’à Halle où les affaires sérieuses commencent ce lundi. Quant à nos demoiselles, mieux vaut ne pas en parler : leurs prestations furent globalement décevantes. Bref, la quinzaine de Wimbledon ne se présente pas sous les meilleurs auspices.

   Les choses s’annoncent d’autant plus compliquées pour nos compatriotes qu’ils ne font pas grand-chose pour s’y préparer. Certes, cette semaine, ceux qui devront passer par des qualifications pour obtenir un droit d’entrée à Church road, joueront en tournoi, mais sur… terre battue. D’une certaine manière, ce comportement équivaut à rendre les armes avant même d’engager le combat. Que va faire Arthur De Greef à Todi en Italie (43 000 € de prix), cette semaine, alors qu’il pouvait être tête de série au Challenger d’Ilkley (127 000$) ? Chercher quelques points ATP à bon compte, se justifiera-t-il. Mais quand un joueur se trouve au seuil du top 100, ne fait-il pas aveu d’un manque d’ambition s’il préfère participer à une compétition sur surface lente au lieu de mettre tous les atouts dans son jeu dans l’espoir de participer au plus prestigieux des tournois du grand chelem ? Quant à Coppejans, il fera le voyage de Blois pour participer à un autre Challenger, doté également de 43 000 € de prix. L’Ostendais aurait-il perdu la foi en ses moyens dont on pouvait croire frécemment encore qu’ils étaient considérables ?

Michel Nestor, le 19 juin 2017


Editorial

Rajeunissement des cadres

   Après le millésime 2017 de Roland-Garros, l’expression “rajeunissement des cadres” qui sert de titre à cet éditorial n’a pas le sens qu’on lui prête d’ordinaire. En réalité, ce sont les anciens – les grands champions des quinze dernière années – qui rajeunissent ! Les joueurs du fameux « big four » continuent à exercer une domination qui aurait été sans partage si Stan Wawrinka n’avait fait le nécessaire pour obtenir voix au chapitre.

   Aujourd’hui, ces messieurs ont tous plus de trente ans ! Elle est finie l’époque où un Becker et un Chang se permettaient de gagner un tournoi du grand chelem avant (et bien avant) leur majorité. Ce sont les « vieux », si l’on ose dire, qui tiennent le pouvoir et ne sont guère prêts à l’abandonner. En janvier dernier, Federer s’était imposé en finale de Melbourne contre… Nadal. Après six mois d’absence et rétabli de ses ennuis dorsaux, il était revenu sur le circuit plus fort que jamais : il servait comme à ses plus beaux moments et disposait enfin d’un revers à la hauteur de son talent.

   A Paris, c’est Nadal qui a imposé ses quatre volontés. Il n’a pas laissé un set en cours de route et n’a guère daigné passer par un seul tie-break au cours de la quinzaine. Mais contre un gaillard aussi solide que Wawrinka, qui avait épuisé Murray en une demi-finale qui restera le grand moment du tournoi, comment aurait-il pu se montrer aussi intraitable sans avoir fait encore d’énormes progrès. Depuis que Carlos Moya (ancien numéro un mondial éphémère) est entré dans son staff, l’homme de la « decima » a fait de son revers un coup aussi dévastateur que son coup droit. On oserait presque dire que, sur sa droite, l’Espagnol n’en est plus à se défendre comme il le faisait par le passé. Tout au contraire, il se sert de cette arme nouvelle pour attaquer. Au point même de devenir injouable sur terre battue. Voire les autres surfaces… Wimbledon a toutes les chances d’en devenir plus intéressant encore le mois prochain.

Michel Nestor, le 12 juin 2017


Editorial

Le coup d’arrêt

   Quelle tristesse ! Quand on a constaté que David Goffin ne pouvait se relever seul, après s’être pris les pieds dans la bâche destinée à recouvrir le terrain pour le préserver des fortes pluies, on a dû se rendre à l’évidence qu’un coup d’arrêt venait d’être porté à sa progression régulière des trois dernières années. Certes, il n’a plus rien à prouver aujourd’hui et qu’importe qu’il soit cinquième ou quinzième dans la hiérarchie mondiale ! Mais on ne peut que regretter avec lui que le patient travail qu’il effectue avec son coach Thierry Van Cleemput et son staff soit aussi brutalement interrompu.

   En attendant le diagnostic définitif des médecins, qui détermineront la durée d’indisponibilité de David, on ose avancer l’idée que connaissant l’homme, il pourrait revenir sur le circuit plus fort qu’il ne l’a quitté provisoirement. Il aura tout le temps de s’inspirer de l’exemple donné par plusieurs joueurs de très haut niveau qui ont connu des misères plus ou moins comparables. On pense en tout premier lieu à Rafael Nadal qui, après avoir tout gagné ou presque, s’est remis vaille que vaille de longues périodes d’inactivité imposées par des genoux récalcitrants. Et que dire de Roger Federer, absent de la scène pendant six mois l’an dernier (en raison de douleurs dorsales récurrentes) et qui, pour sa rentrée en janvier dernier, s’est offert une victoire supplémentaire en grand chelem ? Ces deux champions d’exception, qui pouvaient fort bien estimer qu’ils n’avaient plus aucun objectif sérieux à atteindre, auraient pu se retirer dessous leur tente. Mais ils ont préféré, pour notre plus grand plaisir et le leur, reprendre du service…

   C’est assez dire que pour David, il n’y a guère péril en la demeure jusqu’à nouvel ordre. Quand il sera en état de rejouer, il se sentira sans nul doute affamé. Et sachant qu’il possède toutes les qualités techniques nécessaires pour retrouver son rang, il mettra tout en œuvre, sans aucun doute, pour compléter un palmarès qu’il est sans doute le premier à juger insatisfaisant. Pierre Geelhand, un ancien Président fédéral et vice-président de la Fédération internationale, affirmait que les joueurs européens arrivent à leur meilleur niveau entre 27 et 30 ans. Cette vérité reste d’actualité : Goffin, espérons-le, en fournira bientôt une nouvelle preuve.

Michel Nestor, le 5 juin 2017


Editorial

Une agréable surprise

   La saison sur terre battue touche à sa fin. Dans moins de quinze jours, avec la finale de Roland-Garros, on saura si Rafael Nadal aura réussi l’exploit exceptionnel de remporter pour la dixième fois un tournoi au cours duquel ses adversaires les plus redoutables ont été réduits au rôle de figurants, même si Federer, Wawrinka et Djokovic ont pu, à tour de rôle, usurper le pouvoir de l’Espagnol.

   En attendant le dénouement d’un scénario dont les premières images ont déjà été tournées dimanche dernier, on se doit d’établir un rapide bilan de la semaine des qualifications. Celles-ci ont valu au tennis belge une agréable surprise, deux grosses déceptions et un grand… chagrin. Pour le reste, il faut admettre que l’on n’attendait pas grand-chose de Yannick Reuter, rarement à son avantage depuis le début de l’année, que l’on craignait pour Joris De Loore, mieux taillé pour les doubles de coupe Davis que pour les simples sur le circuit professionnel, et que l’on pouvait voir Alison Van Uytvanck se tirer d’affaire comme le fit à la faveur d’un tirage au sort où sa supériorité hiérarchique paraissait incontestable.

   L’agréable surprise, on la doit à Arthur De Greef. Il a passé trois tours pour rejoindre Darcis et Goffin dans le tableau final. C’est la première fois qu’il y accède, mais ce ne fut pas sans mal : au deuxième tour, il dut d’ailleurs sauver une balle de match avant d’écarter l’Argentin Maximo Gonzalez. Il s’agit, en tout cas, d’une belle récompense pour ce jeune Ucclois, longtemps fantasque, mais parvenu aujourd’hui aux portes du top 100.

   Les deux déceptions sont à mettre au passif de Bemelmans et de Coppejans. Le premier n’a pu se défaire d’un autre Argentin, Marco Trungeletti (ATP 162), qui va nettement améliorer ses positions puisqu’il s’est non seulement qualifié in fine, mais a passé le premier tour dans le tableau final. Quant au second, il traîne son inefficacité à laquelle semble l’avoir condamné une triste défaite face à Cilic, l’an dernier, en coupe Davis.

   Reste le chagrin, celui de Marina Zanevska, éliminée sur le seuil du tableau principal (§après trois tie-breaks) par la Croate Petra Martic, pourtant moins bien classée, mais plus expérimentée. Espérons pour notre nouvelle compatriote que ses larmes sécheront rapidement…

Michel Nestor, le 29 mai 2017


Editorial

Un exemple

   Maria Sharapova est revenue sur le circuit international après avoir purgé quinze mois de suspension pour dopage. Elle a sollicité une wild-card pour participer au tournoi de Roland-Garros, mais les organisateurs du tournoi ont jugé inopportun de la lui accorder. On ne  saurait leur donner tort car le cas de la joueuse russe n’est pas de ceux qui inspirent la pitié. Sans doute, comme argumenteront ses fans, elle a purgé sa peine et, dès lors, il ne se justifie pas de lui en imposer une supplémentaire, comme à l’époque soviétique quand le pouvoir alourdissait sans raison les condamnations infligées aux dissidents sur le point de quitter la prison après avoir payé leur « dette à la société ».

   Qu’il nous soit permis cependant d’ajouter qu’il serait peu séant d’ostraciser une fois pour toutes Maria Sharapova parce qu’elle s’est méconduite. Elle n’a pas été radiée et la voir revenir sur les courts n’a strictement rien d’illogique. En revanche, il serait fondamentalement anormal de lui accorder des privilèges incompatibles avec sa tricherie et c’eût été un mauvais signal adressé au monde du tennis de l’inviter à Paris et de la blanchir ainsi de manière indirecte, comme cela se pratique avec de l’argent sale.

   Selon toute apparence, Mlle Sharapova a bien compris la leçon puisqu’elle n’a rien demandé aux organisateurs de Wimbledon, redoutant par avance la réponse qu’elle en obtiendrait. Après trois tournois disputés depuis sa levée de suspension, elle figure déjà en ordre utile dans le classement de la WTA pour jouer les qualifications. Elle passera doncpar ce purgatoire. Malheur à celles que le tirage au sort placera dans son tableau…

Michel Nestor, le 20 mai 2017


Editorial

Querelle des anciens et des modernes

   Lorsque Novak Djokovic partit à la conquête de la première place dans la hiérarchie mondiale et s’y installa, les commentateurs décrétèrent, non sans raisons, que le temps du « Big four » était achevé. Federer et Nadal commençaient à rentrer dans le rang et il n’y avait plus qu’Andy Murray pour inquiéter le Serbe, à l’occasion. Mais, depuis le début de cette année, il faut bien admettre que le décor a totalement changé. Les deux cadets vieillissants de la « bande des quatre » balbutient leur tennis et se font battre aujourd’hui, y compris dans les gros tournois, par des joueurs qu’ils exécutaient en temps normal. Et, ironie du sort, ils sont à présent contraints d’abandonner le haut du pavé à leurs prestigieux aînés. Si l’on excepte sa curieuse défaite des œuvres d’Evgueny Donskoy (ATP 116 !) à Dubaï, le Suisse a tout gagné, se jouant au passage à deux reprises de son ennemi intime, Rafael Nadal (à Melbourne et à Miami). Quant au citoyen de Manacor, il ne doit confesser qu’une seule défaite supplémentaire ; elle lui fut infligée par Raonic, lors du premier tournoi de 2017, à Brisbane.

   Ce retour des anciens est également marqué par la restauration remarquable de l’autorité exercée par Nadal sur la terre battue. Sur cette surface, il a remporté son troisième tournoi de rang à Madrid, après d’être imposé à Monte-Carlo et à Barcelone. Autant dire qu’il retrouve son statut de grandissime favori à Roland-Garros où, en toute logique, il ne devrait pas y avoir grand monde pour l’inquiéter, d’autant moins que la deuxième levée du grand chelem se joue évidemment sur la longue distance des cinq sets. Tout porte à croire, en outre, que Federer s’abstiendra de faire le détour par Paris, avant de brouter son herbe chérie ; et l’on voit mal Djokovic et Murray retrouver, du jour au lendemain, toute la verve qui leur fait défaut depuis janvier.

   Reste Wawrinka. Il aura peut-être son mot à dire ; mais on veut penser que Goffin et Thiem pourraient jouer un rôle de trouble-fête à la porte d’Auteuil. L’Autrichien a eu la bonne fortune, ces dernières semaines, de rencontrer Nadal à deux reprises en finale (Barcelone et Madrid) tandis que notre compatriote dut l’affronter lui aussi deux fois plus tôt en raison d’un tirage au sort moins bienveillant, en demi à Monte-Carlo et en quart à Madrid. Chaque fois, cependant, il lui mena la vie très dure ; et, à plus ou moins brève échéance, il pourrait donc l’embarquer dans un coupe-gorge, comme sur la Côte d’Azur quand il le poussa dans les cordes jusqu’au moment où une grossière faute d’arbitrage lui coupa hélas bras et jambes.

Michel Nestor, le 15 mai 2017


Editorial

Statut précaire

   Sa défaite à Monte-Carlo, face à David Goffin, aura-t-elle été la fameuse goutte qui fait déborder le vase ? On l’ignore. Mais le fait est que Novak Djokovic a décidé de se séparer de son équipe qu’il avait pourtant remerciée lors de chacune de ses plus grandes victoires : Marian Vajda, son préparateur physique et son kiné ont d’ores et déjà quitté le navire. Vendredi l’annonce en été faite par le numéro deux mondial qui veut « atteindre de nouveaux objectifs » – on se demande bien lesquels puisque, en dehors d’une médaille d’or olympique, le Serbe a tout gagné.

   A l’heure actuelle, personne ne sait qui prendra la succession de Vajda et de Becker, avec lequel la rupture date de décembre dernier. Djokovic a précisé qu’il voyagerait seul au cours des prochaines semaines, le temps de choisir tranquillement son futur entraîneur, « quelqu’un qui a connu des expériences similaires aux miennes », a-t-il ajouté. Le choix est évidemment très limité car, depuis une décennie, la mise a été régulièrement raflée par un petit nombre de champions toujours en exercice. Le marché semble des plus restreints : idéalement, il faudrait que l’heureux élu ait été numéro un mondial et qu’il ait raflé quelques tournois du grand chelem. Ce profil ne court pas les rues et rien ne dit que les candidats se presseront au portillon. Les anciens qui pourraient convenir ont répondu, pour la plupart, à d’autres sollicitations, en devenant notamment des consultants pour des chaînes télévisées. Certes, on peut avancer des noms, comme celui de Wilander au premier chef, compte tenu d’une philosophie de jeu plus ou moins partagée. Mais, a contrario, qu’irait faire dans cette galère un Stefan Edberg, qui a fait progresser sans conteste Federer le temps de leur collaboration, mais qui n’a pas vocation à transformer le jeu de Djokovic.

   On attendra donc d’en savoir davantage, comme il faudra prendre patience avant de connaître le nom du futur Premier ministre français. La seule chose que l’on puisse dire, pour en revenir au tennis, tient au fait que le statut d’entraîneur devient plus précaire que jamais. Comme au football…

Michel Nestor, le 8  mai 2017


Editorial

Un gage d'avenir

   Point de doute à entretenir ! Élise Mertens n'est pas seulement la meilleure joueuse belge du moment si l'on se fie aux données numériques du classement de la WTA, elle peut également prétendre à cette dignité sur le terrain. Au lendemain de sa victoire au tournoi d'Hobart, en janvier dernier, on pouvait encore afficher une certaine circonspection à ce sujet. Entrée dans le top 100, ipso facto, elle n'avait plus remporté, en effet, qu'une seule victoire sur le circuit WTA jusqu'à sa récente sortie (couronnée de succès) en FedCup et, surtout, elle avait essuyé une défaite inattendue en qualifications, àMiami, contre Alison Van Uytvank, une concurrente directe en notre plat pays. Mais à présent, toute hésitation est à proscrire...   

   De fait, la semaine dernière, au lendemain de sa campagne victorieuse à Moscou, elle a réussi le tour de force d'atteindre la finale du tournoi d'Istanbul où elle ne fit pas quartiers avant d'en découdre avec la quinzième joueuse mondiale, l'Ukrainienne Svitolina. Autant dire que son brillants parcours va lui valoir une progression de choix dans la hiérarchie de ces dames et donner à la Belgique une chef de file dont elle commençait à ressentir le besoin au moment où l'étoile de Kirsten Flipkens et celle de Yanina Wickmayer commence à pâlir.

   La réussite d'Elise Mertens pourrait avoir par surcroît un effet d'entraînement. Dans cette perspective, comment ne mettrait-on pas l'accent sur la victoire d'Ysaline Bonaventure à Antalya, dans un 15 000 $ ? La semaine dernière, pour son retour à la compétition, après une longue absence provoquée par une blessure au poignet, elle bredouillait encore son tennis. À présent, elle semble avoir retrouvé tous ses moyens. Ne reste plus qu'à attendre qu'Alison Van Uyvanck l'imite et que Maryna Zanevska poursuive sa progression pour se savoir prêt à refaire bonne figure dans le groupe mondial de la FedCup.

Michel Nestor, le 2 mai 2017


Editorial

Deux événements

   L'événement de la semaine écoulée reste sans conteste l'éblouissante campagne menée par David Goffin en ses terres d'adoption. Sa victoire contre Novak Djokovic, son plus haut fait d'armes jusqu'à ce jour, lui vaudra plus qu'un capital de confiance momentané : la certitude incontestable qu'il est à présent de taille à neutraliser les meilleurs joueurs du monde. Il a d'ailleurs fallu, en demi-finale de Monte-Carlo, une incroyable faute d'arbitrage (elle a fait regretter une fois de plus l'absence de recours au hawk-eye sur terre battue) pour tirer d’embarras Nadal rarement bousculé comme il le fut samedi dernier sur cette surface.

   On ne s'appesantira pas sur cette lamentables bévue de l'arbitre de chaise, qui ruina tout l'intérêt du match et pénalisa non seulement Goffin, mais aussi le public qui ne s'y trompa guère en le huant copieusement. On voudrait plutôt souligner les prouesses de l'équipe belge de Fed Cup, revenue victorieuse de Moscou après un match de barrage qui lui restitue l'accès au groupe mondial. Depuis son arrivée aux fonctions de capitaine, Dominique Monami mène ses troupes avec une maîtrise qui mérite tous les éloges.

   Privée des services secrets de Yanina Wickmayer et de Kirsten Flipkens (présentes au tour précédent contre les Roumaines) elle a pu compter sur Élise Mertens. Celle-ci, bien que devenue numéro un belge au début du mois, ne paraissait guère - sur papier du moins - offrir toutes les garanties souhaitables avant la rencontre. De fait, elle n'avait plus gagné un match depuis le tournoi de Dubai et avait même perdu au premier tour des qualifications de Miami contre... Alison Van Uytvanck.

   Fort heureusement pour nos couleurs, Elise a fait bien mieux que ce que l'on pouvait en attendre : elle a remporté ses deux simples, dont celui de dimanche contre Elena Vesnina  (WTA 15), ainsi que le double aux côtés d'An-Sophie Mestach. Comment ne se réjouirait-on pas sans réserve de ce retour au plus haut niveau qui restitue au tennis féminin belge une grande partie de la crédibilité que Justine Henin et Kim Clijsters lui avaient offert?

Michel Nestor, le 24 avril 2017


Blog

Grandiose…

   Vendredi, sur le court central de Monte Carlo, David Goffin a livré un match qui, dans sa carrière, restera une référence absolue. Il a battu Novak Djokovic, mais pas n'importe lequel : celui des grands jours, quand ce dernier se jouait de tout le monde, il n'y a pas si longtemps encore. Certes, d'aucuns que rien ne contente jamais souligneront que le Serbe fut lent à mettre la machine en marche. Surpris par une entrée en matière fulgurante de son adversaire, il perdit la première manche en trente petites minutes. Mais, par la suite, il durcit son jeu et commit de moins en moins de fautes. A l'entame du deuxième set, il dut néanmoins faire front à un joueur qui ne doutait plus de grand-chose, à telle enseigne même qu'il lui fallut sauver deux balles de break a 15/40 au troisième jeu. Comme stupéfait d'avoir manqué l'occasion de prendre ses distances, en même temps qu'une option sur la victoire, Goffin fut alors victime d'une cassure de service. Il perdit blanc son engagement, en faisant au passage une double-faute. Il n'en fallut pas davantage pour remettre en selle l'ancien numéro un mondial, qui aligna pas moins de onze points à zéro. On doit bien reconnaître qu’à ce moment il devenait difficile de croire encore en ses chances; mais, en luttant avec une opiniâtreté remarquable dans le huitième jeu pour conserver son service afin de pouvoir livrer le premier dans la manche décisive, il sauva sans aucun doute la mise.

   Malheureusement pour lui, les affaires prirent un mauvais tour: David perdit immédiatement cet avantage théorique qui devait lui permettre de faire la course en tête. Une grosse faute de coup droit lui fit perdre ce jeu normalement précieux entre tous. Mené 2/0, il n'y eut sans plus que lui pour croire en son étoile, d'autant plus qu'il se trouva en grande difficulté quand il lui appartint de servir à nouveau : distance a 15/40, n'ayant plus rien à perdre, il fit le nécessaire pour se mettre sur une voie royale. Il prétendit alors rivaliser avec Djokovic pour s’assurer la conduite des opérations. Une attaque magistrale lui permit de revenir à égalité dans le jeu et de reprendre totalement confiance en ses moyens. Et à partir de ce moment, on eut droit à une heure de tennis d’anthologie.

   Dans le cours des événements, le sixième jeu revêtit une importance exceptionnelle. A 30 partout, David construisit une attaque avec le plus grand soin; mais, grâce à une anticipation parfaite, son rival réussit un improbable passing shot de coup droit long de ligne qui lui arracha un cri de bonheur auquel se mêlait la rage de vaincre. Notre compatriote ne se laissa pas décontenancer pour autant. Il répondit du tac au tac par un retour gagnant. Puis, dans ce jeu de 14 minutes, il ne se ménagea pas moins de cinq avantages, plusieurs échanges dépassant la vingtaine de coups. Mais, l'écart, pour ainsi condamnatoire a 4/2, subsistait toujours. L'immense mérite du Liégeois fut alors de ne pas se laisser décourager par tant d'occasions manquées. Son attitude fut récompensée car au huitième jeu, il finit par forcer le break dont il avait besoin. Par la suite, le combat resta âpre, les points gagnants se succédant de part et d'autre tandis que les fautes non provoquées restaient aussi rares qu'au milieu de set. Le douzième jeu fit encore monter la tension d'un cran, d'autant plus que le Serbe fut retardé à 15/40. Se présentèrent ainsi deux balles de match laissant espérer un triomphe exceptionnel… Puis deux autres, encore perdues. Entre-temps, Goffin dut aussi neutraliser deux avantages au serveur. Un échange incroyable (27 coups), ponctué par une attaque imparable lui valut une cinquième balle de match qu'un dernier assaut trouvant la ligne de fond concrétisa enfin.

   Cette victoire fut saluée comme il se devait. On peut penser après cela qu’il ne se trouvera plus un seul joueur sur le circuit pour ne pas prendre très au sérieux David Goffin. Avec lui, un match n'est terminé qu'à la dernière balle et il n'est point de retard impossible à colmater. Au deuxième tour, Almagro mena 4/0 au premier set qu'il céda sur la marque de 7/5. Au troisième tour, Thiem mena lui aussi dans la manche initiale (4/2) avant de la céder 7/6. Et on sait ce qui est arrivé à Djokovic en quart de finale… A bon entendeur

Michel Nestor, le 22 avril 2017


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La fin du Challenger de Mons

   On sait depuis peu que les efforts entrepris, voilà plus d'un mois, pour sauver le Challenger de Mons n'ont pas abouti. L'opération financière, basée sur la générosité du public, peut être considérée comme une réussite sans précédent, mais elle n'aura pas permis de maintenir à flots le tournoi le plus important organisé sur le territoire dépendant de l'AFT. Comment ne pas se sentir désolé par cette situation profondément regrettable qui pénalise le tennis belge alors que, depuis longtemps, il fait l'admiration dans tous les pays où cette discipline sportive est bien en cour?

   En vérité, le tournoi de Mons représentait une pierre importante de l'édifice fédéral. Il permettait aux jeunes joueurs, occupés à se faire les dents dans les Futures, de s'essayer à un niveau supérieur grâce à des invitations parcimonieusement distribuées selon les règlements de l'ATP. Plusieurs joueurs en ont profité pour grappiller des points,; d'autres, comme Olivier Rochus, Xavier Malisse, Steve Darcis et David Goffin en ont tiré parti pour améliorer sensiblement leur position dans la hiérarchie mondiale. L'échelon intermédiaire avec le circuit principal, au sein duquel le tournoi d'Anvers venait à peine de retrouver sa place, manquera dorénavant, mille fois hélas, alors que l'on pouvait se féliciter de disposer enfin d'une structure pyramidale indispensable à nos élites.

   Ce constat désastreux, qui chagrine aussi les arbitres, incite à formuler des critiques sévères auxquelles les pouvoirs publics serviront de cibles, malgré eux. Certes, il n'y a pas de raison que ceux-ci soient plus attentifs à une politique sportive digne de ce nom qu'à une politique culturelle sérieuse tandis que gronde un mécontentent profond dans d'autres secteurs aussi importants que ceux de l'enseignement ou de la santé. En réalité, on ne songerait guère à s'en prendre aux responsables gouvernementaux s'ils n'étaient aussi bien organisés pour distribuer des sommes invraisemblables à des administrateurs en pantoufles chargés de gérer des intercommunales. Cet argent si généreusement distribué aurait pu servir à organiser non pas seulement le tournoi de Mons, mais à  en créer d'autres à Namur, à Liege et (pourquoi pas ?) à Bruxelles...

Michel Nestor, le 20 avril 2017

 

 

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