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Editorial

Un grand coup

   Au début de la quinzaine à Wimbledon, Novak Djokovic ne comptait pas parmi les favoris naturels de l’épreuve. Après sa longue éclipse provoquée par une blessure au coude, il tardait à retrouver de son efficacité à défaut de sa superbe. Son printemps avait été fort triste : il n’avait même pas réussi à ajouter un seul tournoi à son palmarès. Mais l’air de Londres l’a revigoré. Au Queen’s, il a forçé l’accès à sa première finale de l’année – perdue contre Cilic. Et à Church road, il vient de frapper un grand coup en remportant son treizième grand chelem aux dépens d’un Kevin Anderson, exténué par sa demi-finale contre John Isner.

   Il faudra donc à nouveau compter avec le Serbe qui a fini par renaître de ses cendres en appelant à son secours son entraîneur (mais surtout son ami) Marian Vajda. Soit dit en passant, son retour au premier plan permet (en attendant qu’Andy Murray retrouve des couleurs) au « Big Four » de conserver sa mainmise sur les quatre épreuves majeures du circuit international, Federer et Nadal ayant conservé cette année leur titre à Melbourne et à Paris. Et dans ce contexte, comment ne pas évoquer ces demi-finales disputées à la fin de la semaine dernière sur le gazon du temple mondial du tennis ? Nadal et Djokovic furent contraints de la jouer en deux jours en raison du couvre-feu imposé dans le village de Wimbledon à partir de 23 heures ; mais quel contraste entre leur grandiose explication des trois premiers sets disputés vendredi soir sous toit et l’épilogue hésitant et parfois maladroit joué le samedi midi avant la finale des dames ! Ces deux énormes champions en arrivèrent à balbutier leur tennis, curieusement fait d’imprécisions et d’approximations tant la tension était considérable et leur désir de vaincre équivalent à leur crainte de perdre.

   D’aucuns puiseront dans l’interruption de leur match le prétexte à rouvrir le débat au sujet d’un cinquième set à conclure, comme à l’US Open, par un tie-break dès lors que les joueurs ne parviennent pas à se départager avant d’atteindre la marque de 6/6. On ne saurait abonder dans leur sens. Certes, Isner est devenu un récidiviste dans l’art douteux de faire monter le marquoir à des chiffres rarement atteints ; mais cette raison n’est pas suffisante pour changer une règle qui constitue un fondement équitable du jeu sans l’apparenter à l’épouvantable mécanisme de la roulette russe. On peut d’ailleurs se demander si quelqu’un aurait pensé à revenir sur la question si la pluie avait renvoyé les joueurs aux vestiaires. Et l’on doute qu’un seul spectateur ait regretté que 18 jeux furent nécessaires, au cinquième set, avant que Djokovic se ménage le droit de disputer la finale de Wimbledon.

Michel Nestor, le 16 juillet 2018

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