Editorial

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Au mérite !

Steve Darcis a bien du mérite. Revenu à la compétition au mois de juin dernier après son opération à l’épaule, il avait été battu en finale au 10 000 $ de Damme par De Loore 7/5 6/3. Après un revers de ce genre, il aurait pu douter de son aptitude à retrouver un rang digne de celui qu’il avait atteint et renoncer à faire l’effort d’y parvenir. Ses sorties suivantes (Rosmalen, Wimbledon et Scheveningen) ne parurent guère encourageantes. Force fut donc de repasser par les Futures, où l’attendait une nouvelle déconvenue en finale à Westende puisque Desein lui dicta sa loi sur le fil.

On ajoutera qu’il joua aussi de malchance au Challenger de Liberec (quand il mena 6/1 5/3 avant d’être battu par Martin en quart de finale) et à l’US Open : après être sorti des qualifications à New York, il paraissait en mesure de battre Klizan ; il le dominait de la tête et des épaules puisqu’il réalisa le break dans le troisième set en ayant remporté les deux premiers aisément et il compta 5/2 dans la quatrième manche avant de s’incliner. Ces revers de fortune lui coûtèrent beaucoup de points, alors qu’il chutait dans les profondeurs du classement (ATP 456) en perdant ceux qu’il avait récoltés l’an dernier. En ces moments difficiles, il eut le courage de ne pas baisser les bras. En quinze jours, il a trouvé enfin une récompense à la mesure de son abnégation.

Les Challengers de Mons et de Rennes lui ont, en effet, permis de regagner 183 places dans la hiérarchie mondiale. Le voici à présent ATP 172, ce qui lui permettra d’aborder la saison prochaine dans des conditions très satisfaisantes. Son jeu est à nouveau en place, comme l’a démontré sa finale contre David Goffin et mieux encore sa victoire à Rennes, acquise aux dépens du tenant du titre Nicolas Mahut. Il n’y eut pratiquement pas de match tant la supériorité du Liégeois fut évidente. Excellent sur sa ligne de fond, toujours prêt à prendre l’initiative dans l’échange sur les balles courtes, il dégoûta le Français de mener sa politique d’offensive permanente. A 2/2, dans la première manche, il força un premier break d’un retour dans les pieds, avant d’en obtenir un autre dans le septième jeu qu’il s’appropria bien qu’il ait été distancé à 40/0. Mais que dire de celui qui lui valut le gain du match quand à 3/3 au second set, il ravit le service de son adversaire sans lui concéder un quinze ? Un passing-shot de revers exceptionnel, suivi d’un autre en coup droit lui apportèrent les deux premiers points de ce jeu et, à ce moment, il parut évident que plus rien ne pourrait contrarier notre compatriote dans sa marche victorieuse.

Michel Nestor, le 14 octobre 2014