Editorial

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Nomination bizarre autant qu’étrange…

Lors des récentes rencontres de barrage pour l’accès au groupe mondial de la coupe Davis, l’équipe espagnole a connu une mauvaise surprise : à Sao Paulo (sur terre battue !), elle a subi une déconvenue qui, pour la première fois depuis 1996, l’a reléguée en deuxième division ! Certes, Nadal et Ferrer manquaient à l’appel ; mais la qualité des « réservistes » paraissait de nature à lui éviter toute déconvenue – mieux même, à faire le bonheur de n’importe quelle nation. De fait, Bautisto Agut (ATP 17) et Andujar (ATP 45) en simples ainsi que Marrero et Marc Lopez (respectivement ATP 12 et 13 en double) paraissaient de taille à sauver la mise.

Les choses avaient d’ailleurs fort bien commencé puisque le numéro un des Ibères avait remporté aisément le premier point aux dépens de Dutro Silva (ATP 202). Elles semblaient devoir se poursuivre pour le mieux : Andujar menait deux manches à rien devant Bellucci (ATP 79) ; mais ce dernier eut l’immense mérite de redresser la situation (3/6 6/7 6/4 7/5 6/3) et de remporter le point décisif, après que ses compatriotes Melo et Soares (ATP 5 et 6 en double) eurent jeté les fondations d’une victoire globale inattendue. Du coup, Carlos Moya remit son tablier de capitaine, ce qui a provoqué une tempête que la Fédération espagnole n’a rien fait pour apaiser : malgré l’intérêt porté par Juan Carlos Ferrero (ancien numéro un mondial, tout comme le démissionnaire) pour la fonction, elle a décidé de nommer Mme Gala Leon Garcia, qui était jusqu’à présent sa Directrice sportive.

Cette personne, qui a coaché des joueuses comme Soler-Espinosa et Makarova (dont les résultats n’ont rien d’historique), ne fait guère l’unanimité sur son nom. Certes, elle a obtenu le soutien de principe d’Andy Murray, qui travaille avec… Amélie Mauresmo. Mais Toni Nadal ne s’est pas gêné pour dire que cette nomination lui semble une mauvaise idée car la nouvelle patronne de l’équipe ne fréquente guère le circuit masculin. Et que si elle a quelques notions à ce sujet, elle ne connaît pas… Rafael, en tout cas !. Voilà une curieuse entrée en matière, qui ne devrait pas faciliter les choses. On ne saurait suspecter la Fédération espagnole d’amateurisme, mais la mesure qu’elle a prise entretient néanmoins un doute à ce sujet. Ou alors il faudrait croire qu’elle a voulu rivaliser avec son consœur belge qui (au siècle dernier…) n’avait pas hésité à mettre un de ses dirigeants (un ancien C 15 !) dans le fauteuil de capitaine…

Michel Nestor, le 30 septembre 2014