Editorial

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Le voyage ukrainien

David Goffin a remporté dimanche midi, le Challenger de Poznan. Voilà qui met du beurre dans les épinards. Et ici on songe moins à évoquer l’appréciable rentrée pécuniaire ou le gain de 80 points (10 de moins que l’an dernier en Turquie à la même époque) qu’à souligner la conquête de la confiance indispensable à son retour attendu depuis de longs mois vers un classement plus conforme à celui qui l’a tenu trop souvent en dehors du Top 100, depuis le début de l’année. En deux semaines, il a gagné dix simples sans perdre une seule manche et s’il pouvait maintenir ce rythme enviable au cours des jours suivants en Finlande, il gagnerait beaucoup en sérénité avant d’aborder l’US Open qui ouvrira un trimestre au cours duquel il n’aura aucun point à défendre. Le dernier à s’en plaindre sera certainement Johan Van Herck : il pourra au moins compter sur un joueur en pleine possession de ses moyens avant le prochain match de barrage en coupe Davis programmé en Ukraine – occidentale, veut-on croire.

Toute la question qui se poserait alors au capitaine de l’équipe belge se réduirait à savoir qui épaulera Goffin. Ruben Bemelmans fait une année catastrophique. Si l’on excepte les onze victoires remportées en qualifications de par le monde, il n’a inscrit à son palmarès que deux succès en 17 tournois joués depuis janvier : contre Teixeira à Nouméa, en janvier, et contre Burquier à Aix-en-Provence. On n’oserait soutenir que ce bilan puisse convaincre un sélectionneur avisé.

On dirait volontiers qu’il serait préférable de se tourner vers Kimmer Coppejans, même si ses meilleurs résultats ont été obtenus dans des Futures, ce qui pour affronter Dolgopolov et Stakhovsky ne constitue pas une référence solide. Plaide pour lui cependant qu’il en gagné deux (Antalya, en février, et Breda, fin juin). Il a aussi battu Bemelmans en qualification à Roland-Garros (4/6 6/2 6/2) ; mais ses autres sorties n’ont guère apporté d’enseignements particuliers, en dehors de celle qui lui a valu récemment une punition à Scheveningen où Goffin l’a… écrasé au premier tour sur la marque de 6/1 6/3.

Dans ces conditions, on doit se demander – et Johan Van Herck le premier, cette fois… – s’il ne serait pas sage de rappeler Steve Darcis. Certes, il est loin de sa meilleure forme ; dimanche dernier, il a même été battu au tie-break du set décisif en finale à Westende par Niels Desein. Mais il lui reste deux mois pour retrouver de meilleures sensations et comme la coupe Davis l’a toujours sublimé, on peut penser qu’il fera tous les efforts nécessaires pour apporter à l’équipe belge le poids appréciable de son expérience. Si c’est le cas, il ne resterait plus (si l’on ose dire…) qu’à trouver une équipe de double !

Michel Nestor, le 22 juillet 2014