Editorial

Editorial

Le pain blanc

Après le pain noir, le pain blanc ! David Goffin avait repris des couleurs dans le courant du mois de juillet en gagnant deux Futures, puis le challenger de Tampere ; mais, après ces prestations, personne (sauf lui, sans doute) n’avait la certitude qu’il retrouverait enfin le niveau qui fut le sien quand il réussit à se hisser en huitièmes de finale à Roland-Garros. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis Après sa victoire probante à Kitzbühel, il a fourni la preuve qu’il convenait de compter à nouveau avec lui sur le circuit international.

A Winston Salem (ATP 250), il s’est offert une démonstration de force. Après être sorti des qualifications, il a battu successivement l’Autrichien Melzer (contre lequel il restait sur trois défaites en trois rencontres), l’Argentin Leonard Mayer (ATP 26 et récent vainqueur en finale à Hambourg contre Ferrer !) et le Finnois Nieminen. Pareil bilan était impressionnant ; mais, après 25 victoires consécutives, il a cependant fini par s’incliner devant l’ancien demi-finaliste de Wimbledon, le Polonais Jerzy Janowicz. Cela précisé, on retiendra surtout la méthode utilisée par le Liégeois pour refaire surface. Au vu de ses duels avec Melzer et Nieminen, on peut dire qu’il a modifié son approche du jeu, comme on avait déjà pu s’en rendre compte lors de sa finale contre Thiem à Kitzbühel. Depuis qu’il travaille avec Thierry Van Cleemput, il n’hésite plus à suivre ses meilleures attaques à la volée. Mieux même : sur les points importants (y compris sur la balle de premier set ou la balle de match contre Nieminen) il n’hésite plus à monter au filet. En outre, il a retrouvé un excellent équilibre psychologique : il émerge à nouveau dans les jeux les plus serrés, marqués par de nombreux avantages, comme celui qui lui permit de préserver un break d’avance dans le sixième jeu à 6/3 3/2 contre Melzer (tenant du titre) ou d’en forcer une cassure sans doute décisive à l’entame du deuxième set contre Mayer (6/3 6/1).

Bref, le redressement de Goffin survient à point nommé avant la coupe Davis et l’on peut espérer que Steve Darcis soit en passe de revenir, lui aussi, au premier plan. Certes, il lui faudra encore un peu de temps pour que sa renaissance puisse se matérialiser dans les chiffres ; mais, en profitant de son classement protégé, il a déjà pu s’extraire des qualifications de l’US Open, au même titre d’ailleurs que le Gantois Niels Desein dont on saluera ici la persévérance. Le voici récompensé à sa dix-septième tentative de forcer l’entrée d’un tableau final en grand chelem !

Michel Nestor, le 26 août 2014