Editorial
Une énorme surprise
La belle progression de Steve Darcis (après sa finale au « Challenger » de Dallas, évoquée dans notre blog) et celle de Maxime Authom (au surlendemain de sa victoire au « Future » de Feucherolles) eussent fait l’objet de cet éditorial, si une énorme surprise n’était intervenue au premier tour de la coupe Davis, dans la petite ville universitaire de Fribourg, sise à une portée d’arquebuse du lac de Morat, passé dans l’histoire au lendemain d’une défaite, sur ses rives, de Charles le Téméraire.
Cette fois, le sort des armes aura été défavorable aux combattants suisses, à la tête desquels se trouvait pourtant un grand général, en la personne de Roger Federer. Emmenés par un capitaine prestigieux et ancien spécialiste de la terre battue, Jim Courier (double vainqueur à Roland-Garros), l’équipe américaine qui lui faisait face a brillé de mille feux. Le premier match, remporté par Mardy Fish aux dépens de Stan Wawrinka, après une empoignade achevée 9/7 au cinquième set, tint sans aucun doute un rôle déterminant dans le déroulement de la rencontre : John Isner put jouer en toute décontraction contre le maître des lieux et apporter un deuxième point déterminant à son équipe, dès le premier jour.
Les champions olympiques en titre, qui perdirent ensuite le double contre une paire de fortune (Mike Bryan et Fish), devront donc passer en septembre par les barrages. Ils payent ainsi leur choix douteux d’une surface qui n’est pas celle de leur prédilection. Quant à Federer (que l’on pensait revenu à son meilleur niveau à la fin de l’année dernière, il doit sans doute se poser bien des questions, même si (ce qui semble de bonne guerre) il n’est pas disposé à le reconnaître. Au lendemain des Jeux de Londres – son objectif avoué de la saison - on saura précisément de quels pouvoirs ce champion exceptionnel dispose encore sur le monde du tennis. En attendant, il devient peu vraisemblable qu’il puisse ajouter un jour le diminutif du Saladier d’argent dans sa vitrine à souvenirs. Cela restera un vide regrettable sur ses étagères
Michel Nestor, 14 février 2012