Editorial
Editorial
La fortune sourit aux audacieux
L’air du Japon convient parfaitement à Mlle An-Sophie Mestach. Inscrite il y a quinze jours dans les qualifications du tournoi de Gifu, doté de 50.000 $, elle avait réussi sans grandes difficultés à s’en extraire pour remporter ensuite l’épreuve. La semaine dernière, après avoir obtenu un accès direct au 50.000 $ de Fukuoka, elle s’y est inclinée en finale. Il n’en a pas fallu davantage, si l’on ose dire, pour gagner très précisément cent places dans la hiérarchie de la WTA. La voici à ce jour 218ème ! Elle n’a certainement pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. On se gardera cependant de tirer des plans sur la comète : rien ne dit que, dans les jours à venir, elle parviendra à maintenir sa cadence au 50.000 $ de Kurume ; mais elle peut d’ores et déjà se féliciter d’avoir atteint un niveau largement supérieur à celui des « Futures », qui paraissait encore le sien au début de ce printemps.
Peu de choses laissaient prévoir que la jeune Gantoise avait quelque intérêt à entreprendre un voyage aventureux vers l’empire du Soleil-Levant, d’autant moins que jouer des qualifications (que ce soit à l’autre bout du monde ou chez soi) se fait toujours sans l’assurance d’un rapport réel, en dehors de celui procuré par ce type d’expérience. Certes, son premier tournoi de l’année, disputé au 10.000 $ de Bath, à la mi-mars, avait contribué à la mettre en confiance, puisqu’elle y avait atteint la finale ; mais les deux suivants (Sunderland et Dijon) ne lui avaient apporté que des satisfactions mitigées. Il fallait donc croire en sa bonne étoile pour se lancer dans une telle équipée, aujourd’hui si rémunératrice !
Si l’on souligne cet aspect des choses, c’est parce que Mademoiselle Ysaline Bonaventure, qui vient de remporter le 10.000 $ de Bastad, ferait bien de s’inspirer de l’exemple. A la bourre depuis janvier, elle multiplie les prestations honorables (elle en est à son septième tournoi), mais s’obstine à se calfeutrer dans les Futures. Il serait temps qu’elle sorte de ce train-train quotidien si elle veut réellement progresser. Ses méthodes de gagne-petit paraissent nuisibles. On en veut pour preuve que, depuis le début de l’année, elle n’a grimpé (avant son voyage en Suède) que de 11 rangs dans le classement de la WTA, où elle végète avec le dossard 405. Elle devrait savoir que l’Ukrainienne Marina Zanevska, qui l’avait écrasée en finale du tournoi de Bron voilà deux mois, jouait dimanche dernier la finale du 100.000 $ de Cagnes-sur-mer, où elle était lucky looser. Alors, elle admettrait peut-être qu’il existe une vérité d’évangile – comme peut d’ailleurs en témoigner An-Sophie Mestach – dans le dicton suivant lequel la fortune sourit aux audacieux.
Michel Nestor, 14 mai 2013