Editorial

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L’adieu en larmes

Olivier Rochus en larmes… Il venait de remporter un double à vrai dire décisif contre la paire ukrainienne dans le match de barrage pour le maintien dans le groupe mondial de coupe Davis, et cela au terme d’un magnifique cinquième set qui avait failli mal tourner. Bemelmans eut, en effet, à sauver une balle de break sur un échange dantesque, après avoir mené 40/15 et raté une volée haute apparemment assez facile… Comme les Belges, qui avaient perdu les troisième et quatrième sets avec autant de facilité qu’ils avaient remporté les deux premiers, on pouvait craindre le pire. Fort heureusement, Olivier parvint à redresser la barre et il insuffla à son partenaire et son enthousiasme et sa rigueur. C’est d’ailleurs à son crédit qu’il faut mettre la réalisation du break décisif à 3/2 quand il surprit Stakhovsky par un admirable retour de revers croisé.

La fin du match s’apparenta à une formalité, réglée dans l’euphorie d’une victoire enfin promise. Ainsi Rochus a-t-il mis une fin heureuse à quinze années de présence dans l’équipe belge de coupe Davis qui, en partie grâce à lui, aura tenu régulièrement une place dans le groupe mondial. Et c’est avec le sentiment du devoir accompli, qu’il pourra tirer sa révérence au prochain Challenger de Mons, un an après Xavier Malisse, le partenaire de choix avec lequel il remporta Roland-Garros – le seul titre masculin remporté en grand chelem par des Belges.

Sans Olivier Rochus, qui travailla longtemps au BATD avec Julien Hoferlin et Thierry Van Cleemput, les choses s’annoncent évidemment moins aisées pour nos compatriotes. Certes, David Goffin est arrivé à temps pour prendre le relais. En Ukraine, il a fait l’essentiel du travail en remportant haut la main ses deux points. (Il y parvint grâce à l’excellence de ses retours et à son sens de la manœuvre, plutôt qu’à sa mise en jeu cette fois peu efficace : 52 % de premières balles contre Stakhovsky et 51 % contre Marchenko.) Mais, en toute logique, il faudra que le capitaine Johan Van Herck le convainque de jouer également le double pour faire bonne figure sur la scène internationale. La pratique de cette discipline ne peut d’ailleurs que le servir dans la mesure où, depuis qu’il a changé de coach, Goffin s’efforce de prendre davantage possession du filet…

Michel Nestor, le 16 septembre 2014