BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in België.

Jean-Pierre de Bodt

Jean-Pierre de Bodt

Dans une de ses admirables Lettres à Lucilius, Sénèque disait : « Il est aussi déraisonnable de craindre la mort qu’il le serait de craindre la vieillesse. Comme la vieillesse succède à la maturité, ainsi la mort succède à la vieillesse. Refuser de mourir, ce n’est pas avoir accepté de vivre. » Tout au long de sa vie, qui a pris fin le 7 mai 2018, Jean-Pierre de Bodt afficha une force de caractère exemplaire qui lui permit d’accepter de tout vivre. En cela, il fut aidé par la foi profonde qui l’animait et dictait sa conduite.

   Tout vivre ? De fait ! Jean-Pierre de Bodt a connu une vie couronnée de succès, mais marquée également par de douloureuses épreuves familiales et de difficiles aléas professionnels – auquel le monde de la finance, qu’il a décrit dans ses livres, l’exposa. Mais elles ne l’empêchèrent pas de mener plusieurs vies exaltantes. Auteur d’une quinzaine de romans, écrits sous le nom de Jacques Orbe (il choisit ce pseudonyme en souvenir du village homonyme, situé à la frontière helvétique, où il éprouvait, en y arrivant, le sentiment que débutaient véritablement ses vacances annuelles), à la faveur desquels il parcourut notamment le monde des affaires, l’écrivain qui veillait en lui sonda le cœur des hommes.   Altruiste, Jean-Pierre de Bodt le fut assurément Fondateur de la Fondation Spes qui, depuis trois décennies, distribue chaque année des bourses à des artistes belges (peintres, écrivains, compositeurs et musiciens, photographes et tisserands) pour les aider à réaliser des projets dans leur travail de création. Ce fut sans conteste une des œuvres exemplaires de Jean-Pierre de Bodt, ce généreux donateur discret, qui s’estimait sans aucun doute largement payé en retour par les rencontres qu’il se ménageait avec nombre de candidats et de lauréats. 

   Et comme si ces activités ne l’occupaient pas suffisamment, Jean-Pierre de Bodt prit également le temps de cultiver une passion dominante qui eut le tennis pour objet principal. Bien avant que cette discipline sportive n’entrât dans l’ère Open, en 1968, il aida plusieurs joueurs belges à se professionnaliser. Il fournit son assistance à des joueurs victimes de blessures très graves et à d’autres laissés à leur triste sort parce que parvenus à l’âge « canonique » de dix-huit ans… Depuis 1990, il se consacra à la création et au développement de l’association BATD qui n’a cessé depuis lors d’assurer une formation tennistique aux enfants comme aux adultes, par le biais de plusieurs clubs. Quant aux éléments les plus doués, tels les frères Rochus, Kristof Vliegen, Dominique Monami, Kirsten Flipkens ou Yanina Wickmayer qui s’affilièrent à cette structure, ils furent soutenus jusqu’à se faire une place sur le circuit mondial.

   La famille de Jean-Pierre de Bodt, à commencer par sa chère épouse Anne, ne sera pas seule à porter son deuil. Ce sont de nombreux artistes, sportifs et amis qui le regretteront.

Michel Nestor, le 8 mai 2018

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