Editorial

Des chiffres éloquents

Au classement ATP du 14 mai, David Goffin apparaît à la 110ème place. Il en a gagné très précisément soixante-quatre depuis le début de l’année. Cette progression a été largement facilitée par le fait qu’en 2011, le premier semestre avait été passé par pertes et profits à la suite d’une blessure aux abdominaux, lente à guérir. Il reste six semaines au Liégeois avant Wimbledon pour améliorer ses positions ; par la suite, il devra défendre des points, comme tout un chacun sur le circuit international.
Ce jeune homme fêtera en décembre ses 22 ans. Il devrait, sauf accident, entrer prochainement dans le top 100. Mais, à la veille de sauter le pas – ce que Ruben Bemelmans ne parvient toujours pas à faire, malgré une jolie finale jouée dimanche au Challenger d’Athènes -, Goffin serait bien inspiré d’apporter plus de soin à l’entame de ses matches. Que l’on en juge ! A ce jour, il a remporté vingt-trois victoires sur les trente-cinq simples qu’il a disputés depuis janvier. (Belle proportion assurément, d’autant que ses défaites sont pour la plupart fort honorables : Tipsarevic (2), Almagro, Starace, Andujar ! Oserait-on ajouter que les autres joueurs belges, mieux classés que lui, n’auraient pas mieux réussi sans doute ?) Neuf de ces victoires ont été acquises en trois sets. Sur ce total – et c’est là le point sensible –, il a perdu huit fois la première manche. Seule exception qui confirme la règle : au deuxième tour du Challenger de Guadeloupe ( Le Gosier), qu’il a gagné, il s’appropria le set initial contre le Britannique Ward, qu’il défit dans un tie-break final, pourtant… mal engagé.
Il y a donc un enseignement à tirer de ces chiffres, même si (très clairement) le plus grand espoir du tennis belge montre des dispositions indiscutables dans l’art de retourner un match, ce qui représente une qualité bien plus intéressante que le défaut sur lequel on s’est permis d’attirer l’attention.

Michel Nestor, 15 mai 2012



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